Reconversion de la banque à l’associatif, mon grand écart professionnel

Choisir une orientation quand on est au lycée ce n’est pas toujours simple. Moi je savais. Je voulais faire du Droit. Pour en faire quoi je ne savais pas en revanche. Et puis au fil des études l’envie est venue, je voulais utiliser les textes pour être utile. Mon rêve ? Travailler dans une association de consommateurs.
C’est donc en toute logique que, maîtrise en poche, je me suis retrouvée gestionnaire de contrats dans le service d’achats informatique d’une grande banque en contrat d’intérim…
Je ne vous fait pas un dessin sur le besoin de détenir le sacro-saint cdi pour louer un appart, pouvoir se poser sereinement et avancer.
J’ai donc profité du pied que j’avais déjà dans le Groupe pour essayer de décrocher le Graal.
Et j’ai réussi. Ce que je ne savais pas c’est que la signature de ce contrat était le point de départ de huit années de mal être au travail. De management par le stress. De division pour mieux régner. D’open-space inhumain. Et j’en passe.
Au début je travaillais en salle de marchés, j’ai voulu me réorienter vers un service de ressources humaines en me disant que cela correspondrait plus à me valeurs. Mais au final non. Les cordonniers sont les plus mal chaussés comme on dit.
Au final c’est en plein burn-out que j’ai pu quitter le Groupe en 2016.
A alors débuté l’aventure entrepreneuriale, un projet, une envie que j’avais depuis un moment. C’était difficile mais une belle expérience. Avec le recul je me dit que ce n’était juste pas le bon moment pour moi, même si je suis fière de ce que j’ai accompli.
Aujourd’hui j’opère un virage à 180 degrés pour au final me rapprocher de mon envie première. Je travail dans l’associatif. A l’autre bout de la chaîne alimentaire par rapport à mon début de carrière.
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Depuis un peu moins d’un mois je travaille au Seamen’s Club de La Rochelle, un foyer pour les marins en escale au port de commerce de La Rochelle. Rien à voir donc avec ce que j’ai pu faire avant (quoique j’ai déjà eu l’occasion d’accueillir du public lors de mes saisons dans un office de tourisme quand j’étais étudiante).
Fini les journées derrière un écran à produire des chiffres, des tableaux croisés dynamiques, des « prez », à assister à des réunions dont la conclusion est qu’il faudra refaire un point. A accomplir des missions dont je ne vois pas le sens, ou pire, qui vont à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui l’Humain est vraiment au cœur de mes missions. Avec ses bons et ses moins bons côtés mais j’ai vraiment la sensation d’être utile.
Depuis que j’ai commencé j’ai pris le thé sur un navire turc, bu le café avec des syriens, mangé du gâteaux au chocolat avec des philippins. J’ai bavardé avec des jordaniens, des ukrainiens, des lettons, des égyptiens, des irakiens, etc.
Il y a certains marins que je ne vois qu’une fois. Et puis, au gré du chargement/déchargement de leur cargaison, de leur itinéraire, je peux les voir plusieurs jours de suite.  Quand finalement leur navire  lève l’ancre je les imagine à bord, voguer vers d’autres horizons.
Avec toutes ces nationalités c’est une formidable ouverture sur le monde. Discuter avec des gens venus d’horizons très différents. Découvrir leur quotidien autrement qu’à travers des articles de magazines, c’est une chance incroyable.
 
Et puis au delà des missions, il y a l’ambiance dans la structure. C’est le jour et la nuit par rapport à ce que j’ai pu connaître. Si un très bon niveau de service est attendu, j’ai aussi été informée de mes droits et de ce que je pouvais refuser. Une nouveauté pour moi. Dans mon premier poste dans la grande entreprise quand j’avais demandé une fiche de poste on me l’avait refusé et quand j’avais demandé à mon manager ce à quoi je pouvais dire non il m’avait répondu « à rien »!
 
J’ai déjà pu voir que tout n’est pas rose tous les jours, mais aucun boulot ne l’est, et pour le moment cela me convient parfaitement. Je respire de nouveau. Cet emploi est probablement une étape vers autre chose . Pour le moment je savoure simplement le fait de partir travailler sans la boule au ventre, ce qui ne m’est pas arrivé depuis plus de 10 ans.
 
Si vous aimez le monde maritime ou que vous avez envie de le découvrir, les Seamen’s Club fonctionnent aussi grâce aux bénévoles donc n’hésitez pas à vous renseigner. Il y en a dans tous les grands ports: Dunkerque, Brest, Le Havre, Nantes, Lorient, Port le Nouvelle, etc… Vous pouvez trouver la liste des associations sur le site de la Fédération Nationale des Associations d’Accueil des Gens de Mer.
 
Et vous, vous en êtes où dans votre vie professionnelle?

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9 Comments on “Reconversion de la banque à l’associatif, mon grand écart professionnel”

  1. Pour moi aussi l’arrivée en Charente-Maritime, il y a 3 ans a marqué le tourntournant de ma vie professionnelle. Comme toi j’étais juriste et en fait j’ai toujours détesté ça Après avoir essayé de pratiquer dans differentes structures (publiques ou privées), avoir essayé différents postes, je me suis rendue compte qu’il fallait que je change réellement de métier et de domaine. L’idée c’était aussi de remettre de l’humain dans ma carrière et du sens à mon action… J’ai réfléchi un moment à ce que je pourrais faire et finalement je suis devenue professeure des écoles. Même si tout n’est pas tout rose je suis vraiment heureuse de ce changement de cap et, je ne me demande plus tous les matins à quoi je sers coincée derrière mon ordinateur.

    1. L’Humain et le manque de sens sont souvent les facteur qui manquent dans le monde du travail 🙁 J’espère que tu as trouvé un bon équilibre aujourd’hui (en tant que filles de profs je sais que ce n’est pas toujours simple dans l’éducation nationale…).
      Et niveau environnement, clairement le retour à La Rochelle m’a fait un bien fou!

  2. Ah ah ha ma vie professionnelle c’est une vaste blague. D’abord parce que je n’ai pas fait les études que j’aurais voulu… Du coup en a découlé un job qui ne me déplaisait pas mais ne me faisait pas rêver.
    Et puis il y a eu le harcèlement. Cela se serait passé maintenant.. en fait ca ne se serait pas passé je pense. #BalanceTonPorc #BalanceTaConnasse

    Donc je me suis faite virée et je me suis moi aussi lancé dans l’entreprenariat. Et j’ai fait une pause en arrivant à Marseille, et là je recommence et j’adore ca !
    C’est grisant, excitant, flippant, stressant, gratifiant.

    1. Dans mon cas les managers qui m’ont pourri la vie étaient connus mais tout le monde s’en fichait « c’est comme ça »…
      L’entrepenariat c’est génial, un jour je reprendrai peut-être 🙂
      En tous cas je te souhaite vraiment plein de réussite dans ta nouvelle entreprise! :-*

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