Ce que j’ai aimé dans Le grand bain [PoPcOrN]

Cette semaine, pour la première fois depuis longtemps je suis allée au ciné. J’ai vu Le grand bain de Gilles Lellouch avec une super bande d’acteurs: Mathieu Amalric, Guillaume Canet, Philippe Catherine, Benoit Poelvoord, Virginie Efira, Leila Bekhti, etc…

le grand bain

Si j’avais beaucoup aimé les extraits que j’avais vu, je dois dire qu’au final j’ai été assez déçue car ce n’était pas la comédie feel good que j’attendais. Mais je ne peux pas vraiment en dire plus sans trop spoiler.

Il y a cependant un passage que j’ai beaucoup aimé.

ATTENTION TRES LEGER SPOILE A VENIR

L’un des personnage est, à 50 ans bien tassés, garçon de cantine le jour et rockeur la nuit. Il enchaîne les petites prestations dans des manifestations locales et auto-produit ses disques dans l’espoir de percer un jour. Il est séparé de la mère de sa fille ado et vit dans un camping-car.

Dans la scène en question il discute avec sa fille et lui explique qu’il a été blessé car il a écrit une musique que ses amis n’ont pas applaudis. Elle lui répond alors:

et s’ils avaient eu raison de ne pas applaudir?

S’en suit alors une discussion qui soulève deux points intéressants selon moi.

La fille du personnage lui dit qu’il n’est pas le nouveau David Bowie. Que s’il avait dû percer ce serait déjà fait. Qu’il devrait peut-être plutôt essayer de trouver un travail qui lui permette d’améliorer son quotidien, de ne plus vivre dans un camping-car notamment.

Jean-Hugues Anglade, car il s’agit de son personnage, lui répond en substance, qu’il vit peut-être dans un camping-car mais qu’il ne renonce pas. Qu’il reste fidèle à son rêve.

C’est cette « opposition » que j’ai trouvé très intéressante.

D’un côté la fille qui essaye d’avoir envers son père une franchise que personne d’autre n’a eu. Sans méchanceté, sans la moindre mauvaise intention. Elle veut juste essayer de lui ouvrir les yeux.

De l’autre, un homme, qui explique qu’il préfère continuer de croire en son rêve que de renoncer même si cela implique de vivre une vie peu conventionnelle.

La position de sa fille montre à quel point il est parfois difficile de dire les choses à ses proches, même si on estime que cela est nécessaire, pour leur bien. Car pour faire plaisir, par peur de blesser, on a parfois tendance à, si ce n’est valider, du moins adopter un silence complaisant, face à des choix faits par nos proches. Même si l’on pense que ce ne sont pas les meilleurs. On pourrait alors discuter de la valeur de notre jugement sur la vie des autres mais cela nécessiterait plus d’un article je crois 😉

Quant au père, il défend son rêve. Son choix et le fait de devoir le justifier montre bien le dilemme que l’on peut ressentir lorsque l’on doit choisir entre ce que l’on a envie de faire et ce que l’on doit faire pour être en conformité avec les standards de la société. Je repense alors à la fameuse citation de Confucius : choisis un travail que tu aimes et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie (au regard de ma propre expérience professionnelle cette phrase m’a souvent fait rire).

Au final, les deux positions sont louables. Il y a une fille qui a le courage de dire à son père, sans violence aucune, ce que tout le monde pense sans jamais avoir osé le faire. De l’autre, un homme qui souhaite vivre sa vie comme bon lui semble quitte à ne pas rentrer dans une case.

Un rond peut entrer dans un carré

Qui a vu Le grand bain comprendra.

Si tu as vu ou va voir ce film je serai curieuse d’avoir ton avis 🙂

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4 Comments on “Ce que j’ai aimé dans Le grand bain [PoPcOrN]”

  1. C’est vrai que cette scène est hyper intéressante. Il n’y a pas de bonne réponse à la question.
    Va falloir qu’on se fasse des séances ciné + souvent, c’était chouette.

  2. Belle analyse. Perso j’ai adoré ce film que j’ai trouvé juste et touchant. Quelle belle idée de Retrouver l’actrice Claire Nadeau ( Mme Foldingue du Colaro show) ou Virginie Effira utilisées à contre emploi. Le casting, la réal et bande originale sont parfaits .

    Je peux comprendre que ce film puisse décevoir : on sent quand même l’écriture masculine un peu misogyne. Mis entre parenthèses le temps de ton passage préféré

    Attention spoiler : Ma scène préférée était celle du vol organisé qui tourne mal

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