Partie comme une voleuse

Cela fait maintenant un peu plus de trois mois que nous somme de retour au bord de notre océan. Et j’ai toujours cette sensation amer. La désagréable impression d’être partie comme une voleuse.

Depuis la fin de l’été le moins que l’on puisse dire c’est que les choses n’ont pas été simples.

La décision de rentrer à été prise au printemps 2018. Le timing était serré pour tout organiser (déménagement, location de notre appartement, inscription des filles à l’école, etc.) mais ce n’était pas non plus impossible. Il fallait juste qu’il n’y ait pas trop de grains de sable…

J’avais élaboré une liste des choses que je voulais faire avant de partir. Toutes ces choses dont on se dit qu’il faut qu’on les fasse mais qui sont toujours remises au week-end prochain.

Je voulais…

Retourner au Louvre avec les filles. Louloute avait adoré sa première visite et voulait y retourner. Monter aux tours de Notre Dame, visiter la Basilique de Saint Denis et le Musée d’Orsay. Je n’y suis allée qu’une fois pour voir une exposition et n’avais pas visité le musée en tant que tel. Manger un Éclair de Génie de Christophe Adam, même si depuis plusieurs personnes m’ont dit qu’ils n’étaient pas vraiment extraordinaires. 

Bien sûr ce que je voulais par dessus tout était déjeuner, dîner ou prendre un verre avec les copains. Prendre le temps de partager un moment avant de ne plus se voir ou beaucoup moins. Organiser goûters et soirées pyjama avec les copines pour les filles.

Et puis…

Mon hospitalisation qui devait ne durer que deux semaines maximum a duré 16 jours la première fois. Je suis rentrée à la maison six jours, pendant lesquels je n’étais clairement pas en forme, pour finalement être de nouveau admise en urgence pour dix jours supplémentaires.

Jiminy a dû gérer seul la mise en cartons de notre vie, les filles, la mise en location de notre appartement et les visites à l’hôpital en plus de son travail. Le jour où, en plus, se sont combinés grève à l’école et coupure de gaz (donc plus de cuisson, de chauffage et d’eau chaude), j’ai cru qu’il allait craquer.

Finalement le 19 octobre est arrivé

A 8h j’avais rendez vous à l’hôpital pour une dernière visite avec le chirurgien qui m’a opérée (je n’étais sortie de l’hopital que depuis une semaine). Les déménageurs devaient arriver à 8h30, ils sont arrivés à 7h45… Il restait encore pas mal de choses pas encartonnées parce que la société ne nous en avait pas fourni assez. Pour avoir plus de cartons il fallait aller les chercher dans une zone industrielle au nord de Paris, sur les heures de bureau. Autrement dit mission impossible pour Jiminy qui avait déjà dû poser plein de jours à cause de la situation.

A 10h, alors qu’il restait encore plein de choses dans l’appartement, les déménageurs nous disent « Madame, tout ne va pas tenir dans camion ». C’était le coup de grâce! Je devais prendre mon train pour La Rochelle en fin de matinée pour réceptionner les déménageurs qui faisaient le trajet directement. Jiminy devait me rejoindre dans la soirée après avoir récupéré les filles à la sortie de l’école. Il était donc une nouvelle fois seul. Sachant que les locataires voulaient débuter leur bail au plus tôt pour repeindre certaines pièces donc qu’ils devaient avoir les clefs de l’appartement le lendemain. Il a fallut négocier en urgence de squatter la cave quelques jours avec ce qui ne tenait pas dans le camion des déménageurs. Il est resté dans l’appartement jusqu’à 22h pour finir le ménage et n’est arrivé à La Rochelle que le lendemain avec les filles. Tout ça pour que les locataires se plaignent et disent que l’appartement était sale. Eux je ne les ai jamais rencontrés mais je ne les aime pas!

Dans la semaine qui a suivi notre arrivée à La Rochelle Jiminy a donc dû retourner à Vincennes pour ramener ce qu’on avait laissé. Ne pouvant rien porter et pas très rassurée de faire un trajet aussi long en voiture (camionnette en fait) avec ma cicatrice encore très fraîche, je ne l’ai pas accompagné.

Voilà comment nous sommes partis.

Sans avoir le temps de faire quoique ce soit. Sans pouvoir dire au-revoir convenablement aux copains et amis. Avec un déménagement au déroulé assez catastrophique. Dur.

Tellement en fait que là, maintenant, je ne me sentirais pas prête à retourner à Vincennes. J’ai l’impression que ce départ à laissé des traces. Un peu comme une éraflure sur un genou. Rien de grave mais ça pique. Cette impression d’être partie comme une voleuse. D’avoir déménagé à la cloche de bois. D’avoir confié notre appartement chéri à des gens qui ne le méritent pas (et, ça ce n’est pas une impression, d’en avoir confié sa gestion à une agence merdique).

Je suis vraiment contente d’être rentrée, La Rochelle c’est vraiment chez moi. Mais j’aurais aimé quitter Vincennes, ma ville d’adoption, la ville qui a vu naître mes poupées, d’une autre façon.

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