Parents, et si on relâchait un peu pression et culpabilité?

Quand tu deviens parent tu reçois un genre de package:

  • angoisses: non mais je crois que vous ne comprenez pas, c’est une urgence, mon bébé a le hoquet!
  • fatigue: est ce qu’il dort bien? Oh ben oui oui. Par tranche de 20 minutes toutes les deux heures, y compris la nuit, il dort comme un bébé!
  • rétrécissement de ton espace de vie au profit des couches, biberons, table à langer boite le lait, etc (j’en parlais ici)
  • un nouveau nom: je suis L. La-Maman-De-Louloute

Et j’en passe…

Il y a une chose à laquelle je pense qu’aucun parent n’échappe, qui fait partie de chaque package: la culpabilité. Du jour de sa naissance, voir avant (la Maman de préma que je suis te l’assure) on culpabilise, on s’en veut parce qu’on voulait allaiter mais que (pour une raison ou une autre ) ça ne fonctionne pas, parce qu’on donne des petits pots pas bio ou non faits maison, parce qu’on le dépose à la crèche le matin pour ne le récupérer qu’en fin de journée, parce qu’il va au centre de loisirs, parce qu’on n’est pas plus fan que ça des heures passées à jouer avec les Tut-tut bolides, parce qu’on le laisse regarder les dessins-animés avant trois ans, etc.

La liste pourrait être interminable, être parent sous-entend d’être responsable d’un petit être et de faire des choix pour lui, pour son quotidien, sa santé, son avenir. Bouge pas je vais respirer dans un sac en papier quelques secondes pour faire passer ma crise d’angoisse et je reviens.Ces dernières semaines j’ai eu la chance d’avoir accès aux résultats de différentes études: un baromètre des relations parents/enfants mené par Kinder, un observatoire de Tomy sur les relations parents/enfants autour du jeu et enfin un sondage mené par Britax Römer auprès des jeunes parents sur leurs premiers voyages avec bébé.

Eh bien tu sais quoi? Ces informations m’ont fait beaucoup de bien! D’abord parce que, même si je m’en doutais, ces études m’ont montrées que je ne suis pas la seule à me poser ces questions et à culpabiliser sur certains sujets.

Ce que j’ai retenu de l’étude Kinder, dont les résultats étaient présentés par le Docteur Daniel Marcelli (pédopsychiatre) c’est qu’aujourd’hui ce que l’on perçoit comme un bon parent est un parent qui permet à l’enfant de réaliser tout son potentiel. Ce n’est plus juste lui apprendre les bonnes manières. Dans le même temps,nous sommes multi tâches ce qui rend difficile le fait de pouvoir accorder du temps exclusivement à l’enfant.

En moins de 50 ans nous sommes passés d’une éducation qui culpabilisait l’enfant « tu n’es pas gentil »… A une éducation qui culpabilise les parents. 57% des parents interrogés sont d’accord avec la phrase: je culpabilise de ne pas passer assez de temps avec mon enfant. Parfois le travail peut être perçu par les femmes comme un moment où elles peuvent légitimement ne pas être avec leur enfant.Jouer avec les enfants nous semble normal alors qu’il y a deux ou trois générations les enfants jouaient ensemble mais pas avec les adultes. Aujourd’hui le jeu est une partie intrinsèque à la fonction de parent.

Contrairement à ces générations le lien conjugal peut être défait, seul le lien de filiation reste indissoluble donc les parents veulent s’assurer de l’amour de leur enfant.

Mais au final seuls 31% des enfants perçoivent le stress de leurs parents cela montre donc bien notre capacité de protection envers nos enfants.

Et j’ai aussi eu la réponse à LA question: pourquoi quand on est pressés les filles prennent elles un malin plaisir à ralentir? Eh bien c’est parce que le fait d’être pressées induit chez elles une sorte de peur. Mais le Docteur Marcelli relativise en ajoutant que l’enfant doit également s’habituer au rythme de la vie. D’où l’importance de la qualité de l’organisation du temps.

L’observatoire TOMY relève également que nous sommes maintenant au coeur d’une génération « kidcentric » l’enfant est au centre de la famille et de nos préoccupation. Selon le psychologue René Château « le jeu est le vrai travail de l’enfant » puisque les apprentissages passent par le jeu. Mais comme je le dit plus haut, on n’a parfois pas envie de jouer nous parents, on s’ennuie, on est fatigués. Aujourd’hui les réseaux sociaux permettent le développement d’une intelligence collective en offrant de partager ses idées, bons plans et astuces, se sentir moins seuls.

Si la vie de tous les jours est une source de stress pour les parents, ce sentiment ne disparait pas lors du départ en vacances. Selon un sondage mené par Britax Römer, 12% des papas européens craignent d’oublier leur enfant dans la voiture ou à l’aéroport! Selon ce même sondage, après l’arrivée de bébé il nous faut en moyenne 40 minutes de plus pour préparer un départ que lorsque l’on voyage seul. C’est sûrement pour ça que 64% des jeunes parents français avouent être régulièrement en retard à cause d’un imprévu de dernière minute type couche à changer.

Le chiffre qui m’a le plus marqué dans ce sondage est que 31% des parents européens souhaitent prendre une année sabbatique pour s’occuper de leur famille. Je trouve que cela montre assez bien, mais ce n’est que mon avis personnel, que dans nos quotidiens actuels il y a parfois contradiction entre nos envies et ce que l’on peut matériellement faire.

Au final, ce que je retiens de ces différents étude/observatoire/sondage c’est que malgré notre impression de ne pas faire assez pour nos Mini-Nous, nous nous en sortons bien. Que l’on doit se faire plus confiance et apprendre à être moins durs avec nous-même.

Un grand Merci à la talentueuse Mathou qui m’a permis d’utiliser ses dessins pour illustrer cet article!

Rendez-vous sur Hellocoton !