Je veux vivre dans une déco instagram

En ce moment les filles sont… compliquées.

Louloute est en crise d’adolescence précoce. Il y a quelques jours je me suis prise un « Tu m’énerve » dans les gencives. Régulièrement elle nous répond, est insolente, bref, 7 ans c’est que du bonheur.

Quant à Poupette c’est la reine du caprice. Elle est relou voire franchement infecte et au bout d’un moment nous regarde et nous dit: ça y est, j’ai fini mon caprice; et elle redevient adorable.

Rester calme, rester calme. Penser au fait qu’un jour on sera vieux et que l’on aura besoin d’elles pour s’occuper de nous. Ce vendredi n’échappait pas à la relouïtude latente des humaines miniatures mais nous sommes à la recherche d’une étagère. Nous nous sommes donc décidés, après avoir passé un bon moment dans une aire de jeux, à aller faire un tour dans des magasins type Maison du Monde ou Cocktail Scandinave.

Erreur – Erreur – Erreur

Poupette a fait une comédie incroyable parce que, tiens toi bien, c’est Jiminy et non moi qui l’ai descendue de la voiture. Faut dire on abuse aussi tous les deux d’agir de façon aussi intolérable !

Résultat: hurlements et pleures. Poupette retourne dans son siège dans la voiture avec Jiminy et moi je fais le tour du magasin seule (enfin avec Louloute). Jiminy ne voit donc pas les meubles et moi je dois me passer de son avis. Ah ce que c’est sympa ces petits moments d’harmonie familiale…

Au fil des rayons j’ai vu des pêle-mêles en métal trop jolie sur lesquels tu peux accrocher des trucs avec des petites pinces mais également des genre de petits présentoirs à carte postales. Des petits objets de déco tous aussi mignons qu’inutiles. De jolis cadres photos. Des meubles, des tapis, de la vaisselle tendance. Tout pour faire que son intérieur soit digne d’un magazine de déco. instagram

Et là je visualise mon salon avec le meuble Ikéa aussi moche et encombrant que pratique, la table en pin acheter d’occas’ sur Le bon coin il y a fort fort longtemps et la petite table qui a bien vécu avec les filles.

Fatiguée, énervée et assez déconcertée par le comportement des filles, mon esprit a vagabondé.

J’ai imaginé mon salon refait en suivant les dernières tendances déco, ultra zen, débarrassé de ses bibelots (j’ai déjà fait pas mal de tri mais là j’ai envie de faire table rase, un genre de detox).

Je me suis mise à rêver d’un intérieur digne d’une photo Instagram à 10 000 likes. Mais mon esprit ne s’est pas arrêté à la photo, il a imaginé la vie qu’il y a derrière. La vie parfaitement parfaite dans laquelle on pourrait faire une sortie en famille sans que cela ne vire à la crise de nerfs parce que « Noooonnnn c’est moi qui donne la main à Maman » (comme j’ai deux bras tu comprends bien qu’il y a un souci évident).

Une vie sans honte dans un magasin de photo, plein de bidules très chers, parce qu’elles jouent à chat en se bousculant.

Une vie dans laquelle je pourrais expliquer à Jiminy le traitement médical de Poupette sans être interrompue tous les deux mots et devoir recommencer dix fois pour finir par dire « laisse tomber ».

Une vie où, oh miracle, il n’est pas besoin de répéter 20 fois « brosse toi les dents », « va faire pipi » et autres ordres ultra contraignants du style avant qu’il ne soit suivi d’action.

Alors je sais là j’en demande un peu beaucoup. Mais en résumé, une vie dans laquelle je n’aurais pas constamment la sensation de marcher sur un champs de mines en me demandant quand la prochaine va exploser.

Dans laquelle je n’aurais pas en permanence la sensation de devoir me battre pour des conneries, surtout en vacances quand on est supposé pouvoir simplement profiter du bonheur d’être ensemble.

Dans laquelle mon intérieur pourrait rester rangé plus de quinze minutes.

Le hic c’est que je n’ai pas les moyens de refaire ma déco en plus, douée comme je suis, je prendrais sûrement des trucs qui ne vont pas ensemble au final.

Et puis je me suis aussi rappelé que le bonheur n’est sûrement pas dans la déco et que la solution devait être ailleurs.

Je suis ressortie sans avoir trouvé l’étagère idéale et j’ai retrouvé les deux monstres.

Morale de l’histoire: ne pas me balader dans un magasin de déco quand je n’ai pas trop le moral. C’est comme avec le soleil en plein désert, tu vois des mirages. (déjà que régulièrement j’arrête les réseaux sociaux, il ne va pas me rester grand chose… Dans le prochain article je t’explique pourquoi j’érrête le chocolat 😉 😉 )

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