Ma maternité va fermer!

La nouvelle est tombée lundi, et a été confirmée hier. Ma maternité va fermer…

Mon histoire avec cette maternité a commencé un matin de mai 2009. Lorsqu’on a lancé le projet bébé je me suis renseignée un peu partout et j’ai appris qu’en région parisienne il y a certaines maternités pour lesquelles le jour où le petit plus bleu apparaît c’est déjà presque trop tard pour s’inscrire. J’avais entendu beaucoup de bien de la maternité de l’autre côté de la rue, le choix paraissait assez naturel. Ce matin du printemps 2009, arrivée au travail probablement moyennement à l’heure comme d’habitude, une de mes premières actions a été de m’enfermer dans une petite salle de réunion (vive l’open-space) pour m’inscrire. Je me souviens que mon empressement avait fait sourire la femme au téléphone lorsqu’elle avait calculé les dates avec la petite roue.2015-02-10 23.11.42

Il y a eu une parenthèse moins rigolote avec ma semaine d’hospitalisation mais ce n’est pas ce que je veux garder.

Ce que je garde c’est, en route pour la maternité après avoir perdu les eaux, Jiminy qui me demande si je veux aller jusqu’au passage piéton ou bien traverser tout droit « à l’arrache », puis la montée de l’escalier que je redoutais de devoir prendre avec des contractions. L’accueil des sages-femmes, l’installation dans une chambre un peu vieillotte mais on s’en fiche.

Il me reste le souvenir de ceux qui m’ont accompagnée, entourée, dans cette naissance prématurée.

Caroline, la sage-femme qui a su se montrer rassurante même quand on a frôlé la césarienne.

La pédiatre qui, bien qu’elle ait dû m’annoncer que le bébé serait peut-être transféré dans un autre hôpital, m’a déculpabilisée de cette arrivée trop tôt en me disant que ça arrive, parfois. Nous avons d’ailleurs été plus que ravis de la retrouver dans un cabinet privé quelques temps plus tard.

L’auxiliaire de puériculture qui a donné son premier bain à notre Louloute, nous a montré comment faire bien qu’on ait eu un peu peur de la casser.

Pierre, le jeune pédiatre dont j’ai presque eu envie de demander le diplôme la première fois qu’il est entré dans la chambre mais qui s’est avéré être un professionnel à l’écoute et au feeling parfait avec mes poupées. Qui a pris d’infinies précautions pour nous dire qu’on allait rester toute une semaine alors qu’au final avec notre crevette on ne demandait pas mieux.

Pour Poupette tu imagines bien que la question du lieu de naissance ne s’est pas vraiment posée !2015-02-10 23.11.09Je me souviens du gynécologue, très gentil, qui m’a autorisée à manger une fondue ! Qui m’a parlé de mon « contrat de mère », de « l’ombre de mon clocher » et autres expressions que je n’ai pas ré entendues depuis.

Du sage-femme qui m’a examinée à l’aube après une nuit d’angoisse et de contractions. Qui a su m’écouter et me comprendre.

De celle que j’ai vu le jour du terme alors que Poupette n’était pas décidée à quitter son studio et qui m’a proposée de m’admettre dans la soirée pour me déclencher le lendemain matin. Libérée, délivrée !!! Que j’ai recroisée quelques temps plus tard dans un resto mais à qui je n’ai pas osé aller dire bonjour (andouille!).

Cécile qui a été parfaite en ce 22 mars 2013, drôle, humaine, pleine de compassion, qui m’a prise dans ses bras quand les contractions devenaient difficilement supportables (ok, c’était au moment de me poser la péridurale mais ça m’a fait tellement de bien). A qui j’ai repensé souvent et qui a eu la gentillesse un jour de m’envoyer une carte qui m’a beaucoup touchée.

Marie-Jo à qui, le jour de la sortie, j’ai donné rendez-vous pour le petit troisième parce que je l’avais déjà croisée lors de mon hospitalisation et de la naissance de Louloute. Mais apparemment c’est compromis (sauf si j’accouche d’ici le 30 juin 2015. Oh, wait…).2015-02-10 23.32.44

Chaque fois que j’ai le blues je repense à ce lieu qui a été pour moi un véritable petit cocon, une parenthèse de douceur.

J’ai le cœur serré à l’idée que mon hypothétique petit troiz (ce sera un garçon cette fois c’est sûr!) ne naîtra pas là.

Fin mars Poupette et moi avons rendez-vous, pour la visite des deux ans, avec le jeune pédiatre à qui je n’ai plus du tout envie de demander les diplômes. Cette visite sera sûrement la dernière pour nous puisqu’il est quasi sûr que nous n’y retournerons plus. On est d’accord que tous ces gens méritent que je leur amène un maxi panier de cookies ?

C’est comme ça, ma maternité va fermer. Pourtant elle avait un nom prédestiné : Bégin, idéal pour un lieu où au final tout débute.

Edit: si comme moi tu aimes ta maternité, ceci pourrait t’intéresser.

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