Dis, faut vraiment y aller?

Warning

Pour cet article je laisse carte blanche à mon petit cœur de Maman donc ne cherche pas de rationalité, il n’y en a pas. Pas plus que de logique, c’est de l’émotion pure.

Après des mois à m’être dit que j’avais le temps, ça y est, on y est, demain on commence l’adaptation à la crèche pour ma Poupette de bientôt 6 mois.

Petit retour en arrière.

Il y a bientôt un an que j’ai été arrêtée pour donner toutes les chances à Numérobis d’arriver à terme. Si tu as suivi Mon Bidon et Moi tu sais qu’à partir de là je me suis entièrement consacrée à ma grossesse. Sans oublier ma Chouquette pour autant bien sûr, l’idée de la priver de son statut d’enfant unique m’a d’ailleurs beaucoup tracassée.

J’ai compté les semaines pour enfin sortir de la période de prématurité, à l’approche du terme j’ai compté les jours en l’attendant ce farceur de Numérobis !

Puis mon 22 mars est arrivé et Numérobis est devenu Poupette.

Grâce au méga congé auquel j’ai droit avec ma boîte on ne s’est pratiquement pas quittées depuis. Il faut dire que, contrairement à ce que l’on pensait faire, finalement Poupette est allaitée de façon exclusive (à la base on pensait faire du mixte ; un peu à la Popeye : j’t’expliquerai) donc je ne m’éloigne jamais trop parce que je ne suis pas fan du tire-lait et Poupette pas fan du lait en poudre (ou en brique d’ailleurs).

Adaptation

A partir de la naissance j’ai pu reprendre une vie plus normale, sortir sans m’inquiéter d’en faire trop, aller chercher ma Chouquette à la crèche, etc.

Mon bidon et moi faisions corps à part mais j’étais encore dans la dynamique de la grossesse puisque quelques semaines après j’ai fait la rééducation périnéale chez une sage-femme puis la rééducation abdo chez une kiné. Je n’étais plus enceinte mais j’étais encore dans l’ambiance, le parcours n’était pas fini.

A la fin de chaque étape j’ai ressenti un pincement : en quittant la maternité, après ma visite de contrôle chez la gynéco, à la fin de chacune des rééducations. Mais il me restait encore plusieurs mois en tête à tête avec mon bébé. Et puis nous avons passé un très beau premier été tous les quatre.

Septembre, la rentrée de la Chouquette à l’école, les débuts de Poupette à la crèche et mon retour au travail semblaient encore loin, ou en tout cas j’essayais de m’en persuader.

Depuis la rentrée je vis dans ma nouvelle bulle de Maman. Avec bébé la journée j’emmène la Chouquette à l’école le matin et à 16h30, avec à la main son petit sac à dos contenant sa petite bouteille d’eau et sa chocolatine, j’attends que les portes s’ouvrent pour écouter le récit palpitant de sa journée.

Lundi on passe encore une nouvelle étape avec l’adaptation à la crèche.

Pour ma Louloute j’avais été contente de retourner travailler. Chez moi, seule toute la journée avec cette humaine miniature, sans vie sociale j’avais fini par trouver le temps long.

Cette fois c’est tout à fait différent. Sur mon lit de maternité, je me suis énervée toute seule en pensant à mon boulot. Poupette n’avait pas 24 heures ! Autant te dire que maintenant je compte les jours un peu à la façon d’un condamné avant le début de sa peine.

Le contexte n’était pas le même aussi du fait que ma Chouquette a été allaitée de façon mixte dès le début (préma avec besoin de compléments, tout ça…) donc l’entrée en crèche ne changeait rien. Là, j’imagine ma petite Poupette hurler de faim pendant une heure et finir par accepter le biberon parce que vraiment elle a besoin de manger. Pour cette scène je ne fais pas appel à mes talents de scénariste mais à ce qu’il s’est passé cet été quand avec Jiminy on s’est absentés pour aller à un concert des Francos.

Et puis à l’époque je savais qu’il y aurait une autre fois alors qu’après Poupette rien n’est moins sûr, tout avec elle a donc ce petit goût de dernière fois dont j’ai prévu de te parler prochainement.

Cette fois je ressens cette entrée en crèche comme la fin du parcours, j’ai l’impression qu’on me dit que j’ai « fini mon travail ». On m’a donné du temps pour fabriquer mon bébé, maintenant qu’elle est là, en bonne santé, que je l’ai accompagnée quelques mois je dois la laisser. Fin de la parenthèse enchantée.

L’esprit cartésien que tu es sûrement me répondra que tout ne fait que commencer, que ce n’est que le début mais ce n’est pas mon esprit qui parle ici, c’est mon cœur. Mon cœur de Maman qui se serre en écrivant ces mots, qui fait pleurer mes yeux à la pensée de laisser ma Poupette, qui pense que je ne ferai jamais rien d’aussi important et d’aussi gratifiant que de m’occuper de mes filles. Cette séparation n’a pas encore eu lieu qu’elle me fait déjà mal, physiquement mal. Alors à chaque fois que je sens monter les larmes j’essaie de me raccrocher à l’idée que ça ne sera sûrement pas aussi difficile que je le crains mais jusqu’ici ça ne fonctionne pas.

Crainte « naturelle » ou dûe à l’hyperactivité de mon cerveau dont la rapidité à s’imaginer les pires scenarii est amplifiée par la fatigue ou encore baby blues à retardement je ne sais pas. Tout ce que je sais c’est que je ne veux pas laisser mon bébé ! Même si je sais que je ne peux pas faire autrement…

Ne me remercie de t’envoyer toutes ces ondes positives pour ton dimanche, c’est cadeau ! 😉

J’en profite pour te rappeler que je participe à La Marche des Bébés, et que si tu veux aider il n’y a pas de petit don!

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